Toute fois une terre violacée apparaît dés que l'on gratte la surface. Le fond même de la piste Adrar-Reggane, dur et sévèrement ondulé, présente cette teinte aubergine.
Toute la ville d'Adrar, comme les oasis satellites est construite de cette terre colorée, sorte d'argile durcie au soleil, que les pluies rares mais violentes délitent rapidement.
Ce matériau fruste et beau, mais rudimentaire, a imposé une architecture particulière. Les volumes sont simples, massifs, les maisons n'ont pas d'étage.
La décoration tient dans quelques enjolivements à la chaux blanche et surtout dans des sortes de festons ou de créneaux faits de moellons disposés suivant des triangles ou des losanges. Ce style s'est répandu jusqu'au sud du Tropique où il est connu indûment sous le nom d'" architecture soudanienne ".
Cette intrusion du Soudan s'explique par le rôle de relais joué durant des siècles par le Touat. A mi-chemin entre les pays de la savane et ceux de la Méditerranée, Adrar s'imposait comme un centre d'échanges.
Des communautés juives n'ont pas été étrangères à la prospérité commerciale du Touat. Mais la route du commerce pouvait éventuellement devenir celle de l'invasion.
Des ksour fortifiés s'élevèrent. Il n'en reste plus ici et là que de romantiques pans de murs, et la région vit désormais d'une sage et intelligente agriculture que favorise une ancestrale technique d'irrigation : les " foggaras ".