Ce quartier a conservé la vocation commerciale qu'il eut depuis le Moyen Age, à l'époque où existait de très importantes relations commerciales entre les ports chrétiens de la Méditerranée et ceux de la côte Maghrébine.
Elle s'étendait sur cinq hectares, constituant alors un vaste caravansérail, une véritable cité construite sous les Zianides, avec une enceinte crénelée, comportant 2 portes, traduisant tout l'esprit de tolérance des souverains musulmans à l'égard des 2.000 marchands et des artisans qui y résidaient.
Ces occupants avaient une liberté totale de culte, en ayant la possibilité d'avoir leurs prêtres, leurs couvents et leur églises, alors que la même tolérance n'existait pas pour les marchands arabes, en Europe.
A cette tolérance religieuse, s'associait une tolérance administrative puisque seul leur consul était chargé d'administrer leurs affaires et de régler leurs différends. C'est là aussi que l'on a trouvé la tablette de marbre où figure la mesure de longueur type du commerce ou coudée royale promulguée par Abou Tachfme 1 et conservée actuellement au Musée de Tlemcen.
Elle fut occupée par les militaire français après la conquête de l'Algérie, puis détruite à la fin du 19eme siècle (emplacement actuel du marché couvert). Ce quartier est axé sur la rue Mrabet Mohamed, devenue rue piétonnière. Il y règne tout au long de la journée une activité commerciale intense avec prédominance d'un public féminin qui s'affaire dans les différents magasins de tissus, bijoux et, objets artisanaux.
De la kissaria on peut se rendre à la place des Martyrs (chouhada) et à l'ancienne Médina avec les quartiers de Sidi El Yedoun, Djamaa Chorfa, El Qpran El Kébir, El Qpran Esseghir, derb sensla, où une population très dense, en majorité d'origine rurale, habite les vieilles demeures autrefois occupées par les familles Tlémcéniennes et qui sont dans un état pour la plupart fort délabré. Certaines de ces demeures ont abrité des Saints et des Savants de grande renommée.